EDUCATION

Au lycée Professionnel de Concordia, les ateliers techniques et leurs salles de cours sont réhabilités et seront prêts à accueillir les élèves  à la rentrée scolaire.
Au lycée Professionnel de Concordia, les ateliers techniques et leurs salles de cours sont réhabilités et seront prêts à accueillir les élèves à la rentrée scolaire.

Menace de mouvement social des enseignants à la rentrée : la Collectivité explique la situation des travaux

28 August 2018

Dès la fin de l’année scolaire, en juin dernier, l’intersyndicale des enseignants et les associations de parents d’élèves avertissaient du dépôt d’un préavis de grève si de bonnes conditions d’accueil des élèves à la rentrée de septembre n’étaient pas réunies. En ligne de mire, les travaux à entreprendre pendant les vacances d’été par la Collectivité dans l’ensemble des établissements scolaires en général et dans ceux du secondaire, en particulier. A une semaine du jour J de la rentrée scolaire, les enseignants envisagent de mettre à exécution leur menace de mouvement social, face aux retards de travaux observés dans les quatre collèges et lycées de l’île.

Dans un communiqué adressé ce lundi aux rédactions, la Collectivité a souhaité, en toute transparence et sans langue de bois, faire un point précis sur les travaux dans les établissements du second degré, rappelant que « ses services se sont mobilisés pour que la période des grandes vacances soit mise à profit pour la reconstruction des établissements endommagés par Irma. L’objectif de l’exécutif territorial était de tout mettre en œuvre pour que chaque élève retrouve sereinement le chemin de l’école. Le Président Gibbs a toujours évoqué la mise en œuvre de toutes les actions possibles pour « optimiser » la rentrée scolaire de septembre 2018 dans ce contexte inédit, rappelant qu’une optimisation consiste à trouver la meilleure situation possible dans un contexte donné ».
La vice-présidente Annick Pétrus, en charge des Affaires scolaires, explique en effet que « des retards sont en effet à déplorer dans les travaux qui ont toujours cours dans les quatre établissements scolaires du second degré » et précise que « la Collectivité met tout en œuvre pour que chaque élève soit accueilli dans les meilleures conditions possibles à la rentrée de septembre ».

UNE RENTRÉE OPTIMISÉE EST L’AFFAIRE DE TOUS !

Sans pour autant évincer sa part de responsabilité dans cette situation, la Collectivité dans son communiqué déplore que certaines entreprises et architectes mandatés n’aient pas pris la mesure de l’enjeu de la mission qui leur était confiée par contrat. Chaque intervenant, à son niveau, avait un important rôle à jouer : La Collectivité qui a passé les marchés publics après avoir évalué les besoins, a attribué les lots et a signé les bons de commandes ; Les maîtres d’œuvre et/ou les architectes qui ont fait les diagnostics et mandaté les entreprises ; Les entreprises mandatées pour réaliser les travaux. 

LE FACTEUR « VACANCES D’ÉTÉ » A JOUÉ EN LA DÉFAVEUR DES CHANTIERS ENTREPRIS

La Collectivité souligne également que cette période des mois de juillet et d’août qui est la plus propice à la réalisation des gros travaux dans les établissements scolaires, correspond aussi à la période où chacun prend ses congés annuels.  C’est la seule période permettant à la collectivité d’intervenir en toute sécurité, sans la présence des élèves. « Une fois les marchés passés, nous sommes liés avec les entreprises qui les ont remportés. Certes, il y a des pénalités de retard qui sont prévues et appliquées lorsque les chantiers ne débutent pas comme prévu. Mais face à la très forte demande de travaux dans cette période de reconstruction, tant de la part des particuliers que de celle des organismes publics, les entreprises du BTP répondent à de nombreuses sollicitations et se mettent parfois en difficulté de pouvoir réaliser ces travaux en temps et en heure. Nous avons bien envisagé de casser certains marchés avec des entreprises qui accumulaient trop de retard où n’étaient pas présentes aux réunions de chantier, mais dans ce cas-là, les travaux auraient encore été retardés de 3 mois supplémentaires minimum, le délai pour passer un nouveau marché », explique la vice-présidente Annick Petrus, qui tient aussi à souligner le très bon travail réalisé par certaines entreprises qui ont su tenir leurs délais. 
De fait, certains travaux qui auraient dû démarrer au mois de juillet, ont démarré en août, ce qui a entraîné du retard dans la réalisation et repousse certains chantiers à septembre. 


 

ETAT DES LIEUX DES COLLÈGES ET LYCÉES

La Collectivité formule peu d’inquiétudes pour le Collège de Quartier d’Orléans, où les travaux prévus sont en voie d’achèvement. Seules deux salles de classes seront manquantes pour la rentrée de septembre. Concernant le gymnase de sports, sa réfection n’était pas au programme des réhabilitations pendant l’été, les cours de sports étant prévus d’être dispensés dans le complexe du stade Thelbert Carti, proche du collège. 

 

INQUIÉTUDES À LA CITÉ SCOLAIRE

Les plus fortes inquiétudes se portent sur les trois autres établissements du secondaire. Les algécos prévus à la cité scolaire Robert Weinum à la Savane ne sont toujours pas installés. Quatre d’entre-eux financés par la Collectivité ont été livrés, mais compte-tenu des normes imposées de sécurité, pour les installer il faut les renforcer avec de l’acier lourd. L’entreprise en charge de cette mission d’installation des algécos a rencontré des difficultés dans l’acheminement maritime de cet acier lourd : le conteneur a été égaré et l’entreprise a dû mettre en œuvre des solutions alternatives. Elle a assuré la semaine dernière à la Collectivité que quatre classes préfabriquées seront bien installées avant le 3 septembre prochain. 
La Fondation de France finance l’installation de six autres algécos qui seront livrés d’ici quelques semaines et viendront compléter les salles de classes temporaires. Pour la vice-présidente, en attendant l’arrivée de ces six algécos supplémentaires, les quatre financés par la Collectivité (de 60m2) devraient être suffisants pour accueillir tous les élèves de l’établissement de la Cité Scolaire. 

INQUIÉTUDES AUSSI POUR LE LYCÉE ET LE COLLÈGE DE MARIGOT

S’agissant du Lycée Polyvalent des Iles du Nord, à Concordia, celui-ci devrait avoir recouvré 65% de ses salles de classes (contre 50% des salles de classes opérationnelles en juin dernier). A la rentrée de septembre, tous les ateliers techniques et leurs salles de cours seront réhabilités. Des problèmes subsistent pour le reste de l’établissement où d’importants retards ont été pris quant à la réparation des circuits électriques. 
Et tant que les circuits électriques ne sont pas réparés, les autres corps de métiers, notamment pour les faux plafonds et les parois en Placoplatre n’ont pas pu travailler. Pour les réparations de la toiture, également, des retards sont observés. Concernant les salles dédiées à la restauration –hôtellerie, ainsi que le CDI et la salle polyvalente, comme programmé, les travaux seront entrepris après la rentrée et devraient être achevés courant de l’année scolaire 2018/2019. Les élèves inscrits dans les filières de restauration continueront à exercer leurs cours pratiques à la Cuisine Centrale. 
Pour le Collège du Mont des Accords, à Concordia, les travaux réalisés vont permettre de récupérer environ 10% de classes supplémentaires, passant alors à environ 50% de salles opérationnelles dans cet établissement. Un plan d’occupation très serré de ces classes, optimisant les emplois du temps, a été mis en place afin que la situation ne pénalise pas les élèves, ni les équipes pédagogiques. 
La Collectivité se veut rassurante à l’endroit de l’ensemble de la communauté éducative, tout en appelant à une certaine indulgence face à cette situation engendrée par la catastrophe Irma qui a dévasté à 95% les bâtiments publics. 
La Collectivité rappelle par ailleurs qu’elle travaille en totale concertation avec tous les services concernés y compris ceux de l’Etat, les chefs d’établissements et les équipes pédagogiques, les parents d’élèves, et les entreprises mandatées pour les travaux. 
Comprenant toutefois l’impatience des enseignants et des parents d’élèves, la vice-présidente Annick Pétrus souligne toutefois qu’un mouvement de protestation à la rentrée scolaire ne ferait que retarder la prise en charge des élèves. « Empêcher les élèves d'aller à l'école ne ferait pas avancer les travaux et viendrait à l’encontre de notre préoccupation commune de voir réussir les élèves. Cela ne pourrait en aucun cas être imputé à la collectivité ». 
« Afin d’expliquer la situation en toute transparence, le Président Daniel Gibbs et la vice-président Annick Pétrus ont invité les chefs d’établissement du second degré à une réunion d’information qui s’est tenue hier, lundi. Une réunion similaire aura lieu en milieu de semaine avec les chefs d’établissement du premier degré », indique encore le communiqué de la Collectivité. 

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