ECONOMY

1.5 M€ pour les outre-mer, soit 3 fois moins par habitant par rapport au national

1.5 M€ pour les outre-mer, soit 3 fois moins par habitant par rapport au national

11 September 2020
L’Etat a dévoilé la semaine dernière son plan de relance pour la France, suite à la grave crise qui s’est imposée par la pandémie. Le président Macron a indiqué que 100 Milliards d’€ seront investis dans les secteurs à privilégier dans ce plan de relance, dont a minima 1.5 Milliard d’€ pour les Outre-mer. Ramenés à la population respective sur le territoire métropolitain et dans les Outre-mer, ces chiffres mettent en exergue un écart important de traitement entre les populations de l’Hexagone et celles des Outre-mer : une dotation 3 fois moins importante par habitant dans les territoires d’Outre-mer.
 
555 euros par habitant des Outre-mer contre 1530 euros par habitant de l’Hexagone
 
En effet, la population totale de la France compte environ 67 millions d’habitants, dont 2.7 millions dans les Outre-mer français. Le président Macron a indiqué consacrer 100 milliards d’euros pour le plan de relance, et le Ministère des Outre-mer a indiqué que sur cette enveloppe 1.5 milliard d’euros a minima seraient fléchés pour les Outre-mer. Ce qui, ramené au nombre d’habitant, représente 1555 euros par habitant de la France métropolitaine contre 555 euros par habitant dans les Outre-mer, soit environ 3 fois moins.
Des montants qui ont été indiqué sans autres explications que les secteurs qui seront privilégiés dans les fléchages. Ainsi, dans l’Hexagone comme dans les Outre-mer, seront privilégiées les mesures et les activités relevant ou développant les économies vertes, celles permettant de renforcer la compétitivité des entreprises ou encore celles venant accroître l’indépendance économique du pays.
 
Actions spécifiques aux Outre-mer

Ainsi, plus spécifiquement pour les Outre-mer, le Ministère dédié a, par la voix de son directeur de cabinet, Philippe Gustin, dévoilé le 2 septembre dernier qu’étaient d’ores et déjà actés 50 M€ pour la rénovation des réseaux d’eau et d’assainissement et la production d’eau potable, 50 M€ pour la mise aux normes des bâtiments publics dans le cadre du plan séisme Antilles, et 80 M€ seront consacrés à des mesures d’accélération de la transformation agricole, de modernisation des abattoirs et de renouvellement des agroéquipements. Une enveloppe de 50 M€ sera par ailleurs destinée aux actions de soutien de développement local en lien avec les collectivités et une autre de 200 M€ environ au titre de la garantie de recettes fiscales, qui inclue les recettes spécifiques à l’Outre-mer (octroi de mer et taxe spéciale de consommation), soit 430 millions d’euros déjà fléchés sur les 1.5 milliards prévus pour les Outre-mer.
A ces montants vient s’ajouter une sous-enveloppe, dont le montant n’est pas précisé, prévue pour la finalisation de la Nouvelle Route du Littoral à la Réunion, pourtant considéré par beaucoup comme un ruineux projet frôlant l’absurdité et surtout décrié par les écologistes en raison de ses conséquences sur l’environnement et de son coût colossal : son budget final devrait dépasser les 3 milliards d’euros contre un budget initial de 1.66 milliard d’euros, pour une route de 12.5km…
 
Plans territorialisés à construire

Le directeur de cabinet Gustin a par ailleurs précisé que ce plan de relance spécifique aux Outre mer fera l’objet de plans territorialisés qui seront construits dans les prochaines semaines, et avant la fin de l’année 2020, sous l’égide des préfets et en lien avec les élus locaux et le monde socio-économique. Ils incluront des projets portés par les collectivités, ainsi que par les opérateurs de l’État. Ces plans territorialisés pourront s’accompagner de mesures d’assouplissement normatif, en fonction des besoins locaux, comme par exemple le relèvement pendant un an du seuil de mise en concurrence pour les marchés publics pour accompagner la relance économique, de 40 000 € à 70 000 €.
 
La FIPCOM a remis ses premiers travaux de propositions

S’inscrivant dans ce processus de relance mis en place par l’Etat et en prévision des prochains plans territorialisés, la Fédération Interprofessionnelle de Saint-Martin / Medef (FIPCOM), également membre de la FEDOM, (fédération des entreprises d’Outre mer ), présidée par Michel Vogel, a rédigé un document spécifique à Saint-Martin dont les grands axes se fondent dans les objectifs généraux prescrits par le gouvernement, à savoir les problématiques de compétitivité et d’emploi des entreprises, les aides spécifiques au Covid-19, la formation, la digitalisation et l’accès au numérique, le développement local pour diminuer l’interdépendance au tourisme, la commande publique, etc. Le 25 aout, lors de la réunion des territoires ultramarins au MOM (ministère de l’Outre-mer) Monsieur Michel Vogel a pu remettre ce document en mains propres au ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu et à Philippe Gustin. Lors de ce déplacement, La FIPCOM participait également à l’Université d’été du MEDEF (REF), événement annuel tourné vers la « Renaissance des entreprises, » qui constitue la première grande réunion des entrepreneurs de France depuis le début de la crise du Covid.
 
Un plan de relance évolutif

« Ce plan de relance spécifique à Saint-Martin n’est pas définitif et sera complété et actualisé par d’autres axes définis conjointement avec les services de la Collectivité ou encore par toute autre association de socioprofessionnels qui souhaiteraient y apporter leur contribution», nous indiquait Michel Vogel.
Quoi qu’il en soit, si Saint-Martin veut tenir SA place dans la répartition de cette enveloppe consacrée à la relance socio-économique de son territoire, la Collectivité doit présenter et faire remonter dans les prochaines semaines aux ministères les projets en réflexion pour l’île.
 

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