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La Guyane évacue ses malades Covid sur la Martinique

La Guyane évacue ses malades Covid sur la Martinique

23 June 2020
Le virus Covid-19 a contaminé 8 975 776 personnes et fait 468 724 morts dans le monde au 22 juin. L’épidémie continue de progresser avec plus de 100 000 nouveaux cas chaque jour. Si la situation semble sous contrôle en Europe et dans les Antilles française, ce n’est pas le cas sur le continent sud-américain. Et la Guyane n'y échappe pas.
 
Le Brésil a dépassé la barre de 1 million de cas, et le pays voisin, la Guyane voit sa situation se dégrader de jour en jour. Le nombre de cas a été multiplié par dix en une semaine après le déconfinement. Le 15 juin, le département français passait au stade 3 de l'épidémie avec 1326 cas enregistrés. Une semaine plus tard, le chiffre est revu à la hausse avec désormais 2 441 cas et 7 décès. La directrice de l’ARS Guyane décrit une « situation épidémiologique qui s’aggrave et se dégrade brutalement» avec une forte occupation des lits de réanimation.
 
Douze foyers de contamination
 
La Guyane compte douze foyers importants de contamination, mais c’est dans la capitale, Cayenne, que le virus circule le plus rapidement, notamment dans les quartiers populaires. La municipalité distribue des masques, diffuse des messages dans les rues mais la population ne semble pas prendre conscience de la gravité de la situation. La semaine dernière, l’association des maires de Guyane dans une lettre ouverte au préfet a demandé un reconfinement total de la population. Mesure jugée trop difficile à mettre en place par le Préfet qui se retranche derrière la distribution de 305 000 masques (1 par habitant) et l’augmentation du nombre de tests, cependant encore peu nombreux faute de personnel pour les réaliser.
Jusqu’au 10 juillet, toute personne entrant en Martinique ou en Guadeloupe en provenance de la Guyane devra présenter un résultat négatif d’un test RT-PCR, réalisé dans les 72 h précédant le vol et sera soumise à un isolement de sept jours à son arrivée.
 
Évacuation des premiers patients
 
Jeudi dernier, sur les douze patients en réanimation, deux, dans un état grave, ont été évacués par avion militaire de transport des troupes sur le centre hospitalier de la Martinique, qui a ouvert quatre lits de réanimation afin de venir en aide à la Guyane. L’évacuation d’un homme de 64 ans et d’une jeune femme de 25 ans aurait dû avoir lieu dès mercredi mais a été repoussée afin de stabiliser leur état avant le transfert. Cette passerelle aérienne vise à désengorger les hôpitaux guyanais et est assurée par treize militaires arrivés sur le porte-hélicoptère Dixmude. Un médecin réanimateur de Martinique est désormais sur place pour évaluer l’état des patients à transférer. L’ARS a fait une demande de renfort sanitaire. Soixante infirmiers, techniciens de laboratoire et manipulateurs radio sont attendus dans un premier temps pour prêter main forte à l'hôpital de Cayenne, d’ores et déjà saturé avec trente patients.
Le renforcement des capacités sanitaires et l’aide nationale sont une nécessité a annoncé la Ministre des Outre-mer qui sera sur place dès aujourd’hui pour un point de situation.
 
Désaccord avec la CCI de Guyane
Les préfets de Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont décidé de limiter les « déplacements de personnes par transports publics aériens » entre les Antilles et la Guyane « aux seuls déplacements fondés sur un motif sanitaire ». Par arrêté du 13 juin, il est donc imposé à tout voyageur en provenance de Guyane de présenter un test covid-19 négatif réalisé dans les 72h précédent le vol, avec une quarantaine de sept jours à l’arrivée sur le sol antillais. « L’arrêté est applicable jusqu’au 22 juin inclus et sera revu en fonction de l’évolution sanitaire des territoires » précisait le communiqué.
Une décision contestée par la CCI de Guyane en charge de la gestion de l’aéroport Félix Eboué à Cayenne qui demande purement l’annulation de cet arrêté préfectoral. « C’est une vraie problématique et ça relève de la discrimination», a indiqué à un média local Olivier Taoumi le directeur de la CCI et de l’aéroport, qui estime la perte financière à plus de 680 000 euros depuis le 17 mars. L'affaire a été portée samedi devant le tribunal administratif de Fort-de-France. 

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