EDUCATION

Rentrée des classes : entre doutes  et incertitudes

Rentrée des classes : entre doutes et incertitudes

26 mai 2020
Monsieur Frigo, le principal du collège Soualiga espérait accueillir 70 élèves hier matin pour cette rentrée du premier groupe des 6ème et 5ème … mais seulement 35 élèves ont retrouvé le chemin des classes.

Sur un effectif de 266 collégiens, c’est effectivement peu et pas très motivant tant pour les élèves présents que pour les professeurs. A ce manque de motivation, il faut ajouter peut-être l’attentisme de certains parents soucieux de voir comment va se dérouler cette première semaine. Autre facteur, les transports scolaires toujours à l’arrêt pour des raisons sanitaires compliquées à mettre en place, le surcoût que représente le nettoyage systématique après chaque rotation ou encore le fait que certains chauffeurs habitent côté hollandais, souligne le principal du collège.
 
Une rentrée pour toutes les classes de 6ème et 5ème
 
Face à cette désertification de son collège il a donc pris la décision d’accueillir le second groupe des 6ème et 5ème, initialement prévu pour le 2 juin, dès aujourd’hui mardi. Cela va impliquer de modifier à nouveau les emplois du temps, pour que tous bénéficient de cours, tous les jours de 7h à 12h (13h pour ceux qui restent à la cantine), pendant deux semaines consécutives (au lieu d’une sur deux). Les classes ont été réaménagées pour pouvoir accueillir entre dix et douze élèves et la quasi-totalité des matières peuvent être enseignées à l’exception des cours d’EPS, là encore trop compliqués à organiser en respectant les mesures sanitaires. Sur les 40 enseignants officiant au collège en temps habituels, seuls cinq manquent à l’appel et ont déposé un certificat médical. Pour la suite, des cours et pour les autres classes, tout dépendra des annonces du gouvernement, qui devraient intervenir dès cette semaine.
 
15% de décrochage
 
Le principal le reconnait, autant le contact et la motivation des élèves étaient effectifs jusqu’à Pâques, autant le relâchement est vraiment palpable depuis. Le collège Soualiga était le seul établissement à ne pas bénéficier des tablettes mis à disposition par la Collectivité, mais pour y pallier, les parents avaient la possibilité chaque vendredi, de récupérer les polycopiés des cours. 80 familles ont fait cette démarche. Les autres ont suivi les cours virtuels ou sur Pronote. Malgré tout, sur les 630 élèves du collège Soualiga, trente n’ont eu aucun contact avec le corps enseignants depuis le début du confinement. Un constat confirmé par le recteur Mustafa Fourar, qui avait fait le déplacement pour cette rentrée. Sur l’ensemble de l’académie de Guadeloupe, 15% des élèves ont décroché pendant la période du confinement, alors qu’en métropole il ne sont que 7%.
 
Vers un enseignement différent
 
Le recteur est allé à la rencontre des professeurs et des quelques élèves, accompagné du Président de la Collectivité pour prendre un peu la tendance et connaître les ressentis. L’occasion pour Daniel Gibbs de solliciter une discussion avec les représentants de l’Éducation Nationale afin d’envisager pour l’avenir un autre type d’enseignement, et positionner Saint-Martin comme précurseur en la matière. Un souhait presque exaucé sur le champs puisque M. Fourar a rétorqué qu’il promettait plus qu’une discussion, un engagement. Selon lui, l’école de l’après Covid ne sera plus la même et il est même nécessaire dès à présent de mettre à profit le peu de temps qu’il reste avant la fin de l’année scolaire pour expérimenter une autre forme d’éducation. Un enseignement qui soit tout à la fois présentiel et distanciel. Car outre le virus qui sévit aujourd’hui il faut tenir compte des aléas climatiques, qui comme on le sait, peuvent perturber eux aussi le cursus scolaire. L’idée est donc de tirer les enseignements, dès début juillet, pour développer les cours en classe en même temps que ceux à distance. Combiner les deux formules pourrait être la solution de demain pour assurer la continuité pédagogique quoi qu’il arrive.
Tout l’enjeu de cette rentrée tardive sera donc d’évaluer si c’est une reprise ou si au contraire c’est la continuité pédagogique de l’enseignement à distance.
 

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