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Les lycéens réclament de meilleures conditions d’études

Par Ann Bouard
9 Octobre 2026
Crédit photo : DR

À‭ ‬Saint-Martin‭, ‬les élèves du lycée Daniella Jeffry ont suivi le mouvement de contestation national dès lundi‭. ‬Jeudi matin‭, ‬les lycéens du Robert Weinum leur ont emboîté le pas en manifestant devant l’entrée de l’établissement‭. ‬Ces derniers ont décidé de faire entendre leurs revendications‭, ‬et indiqué vouloir manifester lundi 12‭ ‬octobre à‭ ‬8h‭, ‬devant les locaux du vice-rectorat à Marigot‭.‬

En Guadeloupe, le 6 octobre, 21 lycées, 5 collèges et 9 écoles primaires étaient touchés par les mouvements de contestation, entraînant des fermetures d’établissements ou des suspensions de cours. Des violences ont été signalées dans cinq villes. Un agent de l’Éducation nationale et un agent de sécurité ont été légèrement blessés. Jeudi, le rectorat a décidé de fermer trois lycées. Sur le territoire, pas de fermeture, les cours sont dispensés, mais la mobilisation s’organise.

Entre communication officielle et réalité du terrain

Aucune communication de la part du rectorat sur la situation à Saint-Martin, si ce n’est pour indiquer mardi que la situation était normale au lycée général Robert Weinum et que le dialogue était en cours, sans aucun débordement, au lycée professionnel Daniella Jeffry… jeudi, le même rectorat indiquait qu’il n’y avait rien de particulier à signaler et que les cours étaient dispensés normalement.
Dans les faits, le début de semaine a été assez chaotique, avec un blocage de l’entrée du lycée professionnel dès lundi matin. Mardi matin, les toilettes des garçons, situées au rez-de-chaussée, ont été incendiés. Élèves et professeurs ont débrayés de 10h à 12h et la situation s’est tendue davantage avec des jets d’œufs sur le proviseur et un professeur de l’établissement.
Jeudi matin, le lycée Robert Weinum a emboité le pas avec une manifestation des élèves devant l’entrée. Les professeurs ont cependant décidé de maintenir les cours.

Des revendications communes

Les élèves des lycées de Saint-Martin font face aux mêmes problématiques que leurs homologues de l’Hexagone, avec des revendications communes.
Au lycée professionnel, les élèves, interrogés mardi matin, dénoncent la vétusté et le manque d’entretien. Ils réclament la climatisation des salles de cours ou, à défaut, des brasseurs d’air car les fenêtres ne s’ouvrent plus. Pragmatiques, ils veulent en attendant au moins des rideaux pour se protéger du soleil. Au premier étage, les toilettes des filles ne ferment plus. Les jeunes filles demandent simplement des loquets et un nettoyage régulier des sanitaires… mais aussi des salles de classe. Les élèves déplorent en effet la saleté. Autres revendications : des ordinateurs qui fonctionnent, du matériel adapté et suffisamment de mobilier. Dans certaines classes de 33 élèves, il manque des tables et des chaises. L’atelier de mécanique et de nautisme est lui aussi en mauvais état. Les élèves souhaiteraient qu’il soit, au minimum, repeint.
Au lycée général, s’ajoutent à ces mêmes revendications – sanitaires sales, manque de mobilier obligeant à se mettre trois par table en SVT, des ventilos qui font plus de bruit que de vent dans les salles de la partie ex-collège, des vidéoprojecteurs qui ne fonctionnent pas, un microscope pour 4 à 5 élèves – le manque de professeurs. Une situation récurrente indiquent les élèves :  l’année dernière pas de professeur de physique-chimie pendant deux mois et demi et cette année trois à quatre professeurs sont régulièrement absents en seconde.  Par ailleurs, faute de subvention, les sorties programmées notamment pour les éco-volontaires ne peuvent avoir lieu. Enfin, beaucoup d’élèves sont en liste d’attente pour le transport scolaire, faute de places, notamment sur les lignes qui desservent Concordia et Quartier d’Orléans. Ils se débrouillent pour aller en cours par leurs propres moyens.
Dans les deux lycées, ils réclament également le retour de la pause de 11h, supprimée, regrettant de ne disposer désormais que d’une seule pause dans la matinée. À Robert Weinum, une seule récréation de 10 min à 10 h sur une matinée de 6h. En clair, à l’instar des lycéens de l’Hexagone, ils demandent des moyens humains et matériels suffisants pour étudier dans de bonnes conditions.

Un manque de moyens

De son côté, le rectorat a invité les chefs d’établissement à organiser une demi-journée d’échanges avec les lycéens afin de leur permettre d’exprimer leurs préoccupations et leurs attentes. Une plateforme nationale, Agora.gouv.fr, lancée le 5 octobre sera accessible jusqu’au 23 octobre, pour recueillir les doléances des lycéens, mais aussi leurs propositions. 
L’entretien des établissements scolaires revient aux Régions dans l’Hexagone, à la Collectivité à Saint-Martin. Les moyens manquent partout. Faute de financements, quelles seront les solutions du gouvernement pour répondre aux revendications des lycéens ? 

Ann Bouard