ECONOMIE

Secteur hôtelier : garder la tête hors de l’eau

Secteur hôtelier : garder la tête hors de l’eau

29 mai 2020
Les acteurs de la filière du tourisme sont aux abois. Les crises qui se succèdent depuis trois ans, dans un contexte déjà dégradé, amènent les professionnels du tourisme, et en premier chef l’association des hôteliers de Saint-Martin, l’AHSM, à tenter de se réinventer afin de survivre.

Bien que restés administrativement ouverts pendant toute cette période de crise sanitaire, les hôtels de Saint-Martin tournent à vide depuis maintenant près de 3 mois. Et leurs dirigeants sont conscients que la vraie reprise n’aura pas lieu avant la prochaine saison touristique, en novembre-décembre prochain, estimant que le tourisme régional restera marginal pendant ces deux mois de l’été, atteignant 10 à 20% de l’activité normale.
 
Perte d’exploitation de 26M€
 
Entre les incertitudes quant à la reprise de l’aérien, celles relatives à l’épicentre de l’épidémie désormais transposé sur le continent américain, au nord et plus encore au sud, mais également celles dues aux annonces gouvernementales mouvantes et pas toutes entérinées, tant sanitaires qu’économiques…, l’inquiétude qui plane sur toute la chaîne touristique, restaurants et activités compris, se fait très prégnante. Les pertes d’exploitation, rien que pour les hôtels ont été évalués à 26 millions d’euros, pour cette période du 15 mars au 31 décembre prochain.
 
« Sans maintien du maintien du dispositif d’activité partielle des hôtels fermeront »
 
Lors d’une conférence de presse tenue mardi en visioconférence, le président del’AHSM, Patrice Seguin et sa chargée de mission, Véronique Legris, et le second vice-président Jean-François Billot, également dirigeant de l’hôtel Grand Case Beach Club, clamaient haut et fort que sans le maintien des mesures gouvernementales jusqu’en fin d’année 2020, notamment le dispositif d’activité partielle, des établissements hôteliers devront fermer leurs portes. « Au vu des perspectives de ces prochains mois, il est clair que les hôtels ne sont pas en capacité de remettre leur personnel au travail.
Sans maintien du chômage partiel, on court à la catastrophe économique et sociale », indiquent Patrice Seguin et Jean-François Billot, qui ajoutent que tous les hôtels ont monté des dossiers de Prêts Garantis par l’Etat (PGE), mais tous sont en attente des réponses. « Ces PGE vont financer le chiffre d’affaire que l’on n’a pas eu. C’est une bouée de sauvetage, certes, mais qu’il va nous falloir rembourser… », continuent-ils. Des endettements supplémentaires qui vont par ailleurs diminuer d’autant leur capacité d’emprunt pour investir dans les mois à venir …
 
« Quatorzaine = 0 touristes »
 
Quant aux réflexions toujours en cours au sujet de la quatorzaine à observer en arrivant sur le territoire, c’est sans équivoque pour les hôteliers : « Si on impose la quatorzaine aux touristes qui arrivent sur le territoire, il est clair qu’ils ne viendront pas ! ».
Les hôteliers préfèrent tout miser sur la mise en œuvre de façon très stricte et rigoureuse du protocole sanitaire émis par la France, qui bénéficie d’une image de confiance à l’international.
 
La charte sanitaire française dans les hôtels comme argument commercial
 
« Selon un récent sondage, les américains -qui représentent la principale clientèle sur l’île- privilégieraient pour les prochains mois la destination des Caraïbes plutôt que celle de l’Asie ou de l’Europe.
Attachons-nous à cet espoir et mettons en avant dans nos campagnes de communication les mesures sanitaires françaises mises en œuvre sur le territoire français. La charge sanitaire des hôtels doit être un argument commercial pour donner confiance aux touristes américains de venir dans nos hôtels ». Fort de cet argument auquel il croit, l’hôtel Grand Case Beach Club a mis en place pour l’ensemble de ses salariés une formation spécifique au nettoyage, à l’hygiène et à la désinfection, spécifiquement Covid-19. Des cessions de formation faciles et rapides à mettre en œuvre, selon le directeur, et financé à 100% par les fonds européens.
 
Se réinventer
 
Une période des plus compliquées donc pour le secteur hôtelier qui pensait pourtant avoir déjà tout vu, depuis ces trois dernières années. Mais pour autant, les hôteliers gardent espoir et souhaitent, en collaboration avec l’ensemble des professionnels du tourisme, privés et institutionnels, profiter de cette période pour réinventer le tourisme à Saint-Martin.
Un document intitulé « Changer le tourisme à Saint-Martin » a été soumis ces dernières semaines à la direction du tourisme de la Collectivité et à l’Office de Tourisme, préconisant de nombreuses actions à mettre en œuvre dans les tout prochains mois. Un document dont les avis et les réponses sont toujours pour l’heure attendues. 
 

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