ECONOMIE

Les prix du transport aérien s’envolent

Les prix du transport aérien s’envolent

30 juin 2022
A l’aube des vacances estivales, les prix des transports aériens souffrent d’une très forte augmentation. Depuis Saint-Martin, il plane comme une impression d’être pris en otage et de devoir subir les conséquences d’un système que plus personne ne semble contrôler… Entre reprise économique après deux ans de pandémie, inflation galopante et flambée des prix du pétrole, cette hausse des prix devrait selon les experts s’installer dans le temps…
Pour les retardataires qui n’auraient pas encore pris leurs billets d’avion pour s’envoler vers des destinations estivales, la douche risque d’être froide ! Les prix pratiqués par la compagnie nationale Air France frisent l’indécence, puisqu’il faudra débourser pas moins de 1300 € par passager pour un aller et retour Saint-Martin / Paris pour la période du mois de juillet. Un peu moins onéreuse, la compagnie Air Caraïbes affiche tout de même des niveaux très élevés, environ 1100 € pour le même trajet aux mêmes dates. Pour ceux qui souhaiteraient aller passer des vacances dans les îles voisines, Martinique, Guadeloupe ou encore Saint-Domingue, le coût du transport représentera aussi un budget pour ce mois de juillet : 370 € A/R pour la Guadeloupe, 408 € A/R pour la Martinique et près de 1000 € pour Saint-Domingue !
Pour se rendre aux Etats-Unis toujours à cette même période, et malgré la plus grande concurrence des compagnies aériennes au départ de l’aéroport Princess Juliana de de Sint Maarten vers les Etats-Unis, comparativement aux compagnie aériennes qui proposent des rotations vers l’Europe, les prix ont également considérablement augmenté. Pour se rendre à New-York ou Miami, les prix moyens pour un aller et retour depuis Sint Maarten sont aux environs de 700€.
En effet dopés par l'inflation et le coût du carburant, les tarifs de l’aérien sont repartis à la hausse après deux ans de Covid-19. Une tendance qui de l’avis de nombreux experts risque de s'accentuer à long terme. Si les prix sont restés relativement bas pendant les deux années de crise sanitaire, la levée de la plupart des restrictions de déplacement et le retour du trafic qui l'accompagne ont entraîné une forte hausse des tarifs.
 
Hausse en moyenne de 20% au départ des Outre-mer
 
Au départ de l’Hexagone, la hausse des prix des billets d’avion en mai 2022, s’est poursuivie à un rythme soutenu de 19,4% toutes destinations confondues. Au départ de métropole, les prix ont augmenté de 16,2 % sur le réseau intérieur et 18,9 % sur le réseau international par rapport à mai 2021. Au départ des départements d’outre-mer, l’augmentation des prix des billets d’avion continue. La hausse a été de 20,4 % (+11,4 % au cumul) au mois de mai. Cette tendance touche l’ensemble des territoires d’Outre-mer, mais c’est encore au départ de la Réunion que les prix affichent les hausses les plus fortes, à +34,1%.
Dans un récent communiqué, la compagnie Air Caraïbes indiquait que face à « une hausse brutale du prix du kérosène de plus de 15% », elle procédait à une augmentation du prix de ses billets, allant de 3 à 30 euros. La compagnie met en avant « l'augmentation, avec effet rétroactif au 3 juin, de l'ordre de 15% du prix du kérosène dans l'ensemble des départements français des Antilles ».
 
Qui veut peut !
 
Pour les experts, si les raisons de cette hausse de prix des billets d'avion sont donc multiples , elle est avant tout imputable à la hausse du prix du pétrole qui représente 30% du prix du billet d'avion. Cependant, contrairement à l'essence, le pétrole n'est pas taxé et les Etats ne pourraient donc pas intervenir via ce levier. Certes, sauf que pour certaines compagnies, dont notre compagnie nationale Air France, l’Etat est actionnaire majoritaire… Et malgré ce qui peut être dit ou écrit, si l’Etat marque sa volonté d’intervenir, il peut le faire !
Car à cette cadence de flambée des prix de l’aérien, les outre-mer, dont le tourisme est une activité économique majeure et qui dépendent pour l’importation de nombreuses marchandises sur leur territoire du transport aérien ou maritime, ils vont être étranglés à petit feu !

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