ECONOMIE

Les hôteliers dans l’attente d’une solution

Les hôteliers dans l’attente d’une solution

17 janvier 2020
Cette saison était très attendue par tous les acteurs du secteur touristique, hôteliers en premier. Pour la première fois depuis Irma, la majorité d’entre eux étaient en mesure d’accueillir à nouveau les touristes et par là même de contribuer à relancer l’économie de l’île. Les événements de décembre ont quelque peu entamé le moral mais aussi la santé financière de nombres d’entreprises.

La destination Saint-Martin avait disparu de la carte touristique pendant deux ans. La situation du mois de décembre sur l’île était le pire scénario qui puisse arriver, pas seulement pour les hôteliers, mais pour tous les acteurs de l’économie de l’île, qu’ils soient restaurateurs, commerçants, etc …
L’image de l’île véhiculée sur les réseaux sociaux ou les messages alarmistes des ambassades ont refroidi plus d’un touriste y compris les plus fidèles. Nous avons rencontré Patrice Seguin, Président de l’Association des hôteliers de Saint-Martin (ASMH) pour un tour d’horizon de la situation.
 
L’effet domino
 
La volonté des hôteliers est de tenir compte de l’offre dans sa globalité. Mais effectivement, les hôtels sont la porte d’entrée du tourisme. « Des hôtels vides, ce sont des conséquences économiques pour toute la population et par ricochets pour toutes les entreprises ; il est urgent de revenir à un fonctionnement normal » estime Patrice Seguin. Il rappelle par ailleurs que les hôteliers soutiennent le mouvement contre le Pprn, car ils n’en veulent pas. Leurs revendications sont donc les mêmes, sur ce point, que celles des Têtes Ensembles.
Mais, le Président de l’ASHM estime que dans la mesure ou des discussions ont été entamées, il est opportun de libérer le territoire, en attendant les conclusions. Saint-Martin a une seule ressource, le tourisme et la concurrence est forte. Ternir l’image de l’île et empêcher la venue ou la libre circulation des touristes impactent fortement l’île et sa survie économique relèvera alors d’une mission impossible. Les conséquences sur l’équilibre global de l’île seraient désastreuses.
Leur trésorerie ayant été mise à mal, certains ne pourront pas tenir sur la basse saison. Plusieurs fermetures ont déjà annoncées parmi les commerçants de Marigot, et l’on ne parle pas de la situation de ceux aux abords de Sandy Ground. Il faudra cependant attendre la fin de la saison pour faire un point réaliste de la situation globale … mais d’ores et déjà il faut avoir en tête que les entreprises qui fermeront auront un impact direct sur l’emploi.
Pour conclure, il est à noter qu’environ 30% des réservations se font sur le mois en cours. Des réservations « last minute » qui n’ont pas été enregistrées en décembre et auxquelles il convient d’ajouter les annulations des personnes qui avaient réservé en amont. Des chiffres irrattrapables !
 
Des échanges fructueux avec le Préfet Lacroix
 
Les réunions, avec la DEAL notamment, se sont succédées depuis Irma, mais les propositions soumises par l’AHSM n’avaient pas été entendues. Un point que les représentants de l’AHSM ont rappelé vendredi dernier lors de la réunion avec le Préfet Lacroix. Philippe Seguin s’estime plutôt satisfait de la manière dont s’est déroulée cette réunion, dans un bon état d’esprit, avec un interlocuteur au fait du dossier et à l’écoute.
Le préfet Lacroix reconnait en effet qu’une mise aux normes dans un délais de cinq ans, est paradoxale pour les établissements reconstruits après Irma ; ils n’avaient pas ces informations au moment de leur reconstruction. Il est donc impératif, et le préfet en a visiblement conscience, de faire le distinguo entre les hôtels existants et les nouveaux établissements.
Quant au problème des chambres en rez-de-chaussée, c’est un faux problème estime Patrice Seguin. La période cyclonique correspond à la basse saison ou le taux de remplissage est moindre et ou certains hôtels sont mêmes fermés. Chaque hôtel est équipé d’une « safe room », met en places des procédures anti cycloniques, qui vont encore être améliorées et avec un bon de sens, la situation peut être parfaitement maîtrisée.
Les problèmes ont donc bien été identifiés et compris. Plutôt encourageant pour la suite … qui elle dépend, elle, des propositions du Ministère. 
 
Des capacités hôtelières pas encore optimum
Depuis septembre la capacité d’accueil des hébergements n’a que peu évolué. Sur les six hôtels les plus importants en termes de capacité, seuls trois ont rouvert : La Samana, L’hommage Hôtel (ex Mercure) et le Grand Case Beach Club.
Le Beach Hôtel et ses 144 chambres va entamer les travaux dans le courant de l’année pour une ouverture espérée fin 2021. L’ex Riu, bientôt Secret Hôtel, devait ouvrir ses 250 chambres début février mais les travaux ont été totalement arrêtés en décembre. Son ouverture est donc repoussée à une date ultérieure et non communiqué à ce jour. Conséquence, la direction de l’hôtel qui enregistrait un taux de remplissage sur mars de 60% a dû annuler toutes les réservations. Enfin, les 137 bungalows du Club Orient, demeurent dans l’impasse et aucune réouverture n’est à l’ordre du jour. Seul nouveauté, l’annonce de la réouverture du Blue Bay Beach Hôtel prochainement à la Baie Orientale.
 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites.