ECONOMIE

Hôtel la Samanna : Plus de 90 % du personnel  bientôt licenciés

Hôtel la Samanna : Plus de 90 % du personnel bientôt licenciés

13 mars 2018

Depuis plusieurs semaines une menace de licenciement de personnels de l’hôtel la Samanna planait sur une grande partie des salariés. La menace se précise puisque d’ici quelques semaines, 138 personnes seront licenciées.

Le collectif des salariés qui vont perdre leur emploi affirme que « nous allons être purement et simplement licenciés sans d’autres choix que d’accepter de perdre notre travail et nous résigner à cette décision ». Des salariés qui, pour la plupart, ont consacré leur vie professionnelle à l’hôtel la Samanna. Selon les salariés, le 19 janvier dernier la direction de l’hôtel leur a fait savoir que s’ils n’acceptaient pas « d’être licenciés à ses conditions, elle prendrait alors la décision d’abandonner l’un des plus beaux hôtels de la Caraïbe après l’avoir exploité pendant plusieurs décennies ». Ainsi, la direction de la Samanna a décidé de licencier 138 salariés sur les 150 que compte l’hôtel. Le collectif précise que la direction garde uniquement le « top management » afin de pouvoir rouvrir au mois de décembre 2018. Les salariés menacés assurent qu’il leur a été présenté un projet dans le cadre « de ce qu’elle appelle un plan de sauvegarde de l’emploi « PSE », qui n’est ni plus ni moins qu’un Plan de Suicide de l’Emploi, voire un Plan de Sabotage de l’Emploi ».

Recruter des salariés précaires et à durée déterminée

La direction de la Samanna, selon les salariés, « insensible au bilan dur et cruel de l’ouragan Irma, provoque une nouvelle catastrophe ; un tsunami social, tout aussi dévastateur que le cyclone Irma (…) 138 licenciements, c’est 138 familles sacrifiées, soit 300 personnes directement impactées par cette mesure inacceptable ». Les responsables de l’hôtel ont signalé qu’elle n’envisageait pas de fermer l’hôtel, mais « qu’elle préférait se séparer du personnel actuel pour pouvoir mieux, au mois de décembre 2018, recruter exclusivement des salariés précaires et à durée déterminée ». Les salariés considèrent que le Groupe Belmond « nous fait du chantage à l’emploi », et de réclamer « un CDD sinon rien pour les saint-martinois ». La direction n’aurait pas proposé, « à aucun d’entre nous, la possibilité d’un départ négocié, sans avoir recherché si les salariés, dont elle envisage le licenciement, n’avaient pas participé à sa croissance pendant toutes ces années ». Le personnel estime que la direction de l’hôtel la Samanna, en prétextant le cyclone Irma, « prend une décision manifestement destinée à rajeunir son personnel », en employant des salariés précaires et dont certains ne seront à Saint-Martin que le temps d’une saison.

Des salariés à « usage unique »

« Aujourd’hui, la Samanna ne nous donne aucun autre choix que d’accepter un licenciement pour motif économique, sans se livrer à une véritable analyse des situations individuelles de chacun de ses salariés et sans garantir à aucun d’entre nous la possibilité d’être réembauché », bien que la réouverture soit prévue au mois de décembre prochain. Les employés ne veulent pas laisser les responsables de la Samanna, « sous de vagues prétextes économiques, et de chantage à l’emploi, user notre confiance et faire de nous des salariés kleenex ». Aussi demandent-ils à la Samanna et à ses financiers de reconsidérer leur projet, car l’hôtel « ne peut rouvrir sans l’expérience et l’expertise de ses salariés et ne sera pas en mesure d’offrir la qualité de l’accueil et le luxe dont elle se prévaut en ayant recours uniquement à des contrats de travail à durée déterminée » et qui « comme beaucoup, viendront uniquement pour remplir leurs poches et repartir ». 

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