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CARIF-OTEF : trois ans après sa création, le flop !

Par Ann Bouard
3 Novembre 2026
Crédit photo : Collectivité de Saint-Martin

Créé en juin 2023‭ ‬pour améliorer l’accès à la formation et mieux répondre aux besoins des entreprises‭, ‬le CARIF-OTEF n’aura pas fait long feu‭. ‬Miné par des manquements administratifs et budgétaires récurrents‭, ‬le groupement d’intérêt public est aujourd’hui en cours de liquidation‭.‬

Inauguré en mai 2024 à Bellevue, en présence du préfet de l’époque, Vincent Berton, et du président Louis Mussington, « Saint-Martin Compétences – CARIF-OTEF » devait devenir un outil incontournable pour l’emploi et la formation sur le territoire. Derrière cet acronyme, le Centre d’Animation, de Ressources et d’Information sur la Formation (CARIF) et l’Observatoire Territorial de l’Emploi et de la Formation (OTEF) avaient pour mission de recenser les offres de formation, d’analyser les besoins des entreprises et d’accompagner les professionnels de l’emploi et de recenser le tout dans un catalogue en ligne. 

Une structure qui n’aura pas tenu ses promesses

La dissolution de la structure a été votée lors de sa dernière assemblée générale le 19 août, et actée par le Conseil exécutif le 15 octobre dernier. Aux manquements aux obligations réglementaires, administratives et budgétaires, s’est ajoutée la démission du directeur au mois de juin. Si la nature exacte de ces dysfonctionnements n’est pas détaillée dans la délibération, ils auront suffi à précipiter la fin de cette structure portée conjointement par l’État et la Collectivité.
Le CARIF-OTEF comptait seulement trois agents, dont deux contractuels de la Collectivité et une salariée recrutée directement par le groupement.
La liquidation, engagée rétroactivement au 1er juillet, se poursuivra jusqu’au 31 décembre. Un liquidateur issu de la Direction régionale des finances publiques a été désigné pour régler les dettes, recouvrer les créances et solder la situation des personnels.
Selon le procès-verbal de l’assemblée générale d’août, le budget prévisionnel de liquidation s’élève à 66 558 €, dont 34 500 € pour la rémunération de la salariée contractuelle, 29 832 € pour le liquidateur et 2 226 € d’indemnités pour l’agent comptable du GIP. Seule la salariée serait concernée par un licenciement, les CDD des deux autres agents arrivant à échéance au 30 septembre et 31 octobre.
Le document mentionne également un solde de 329 373,75 € au 30 juin 2026, un parc informatique évalué à 8 570 € et 110 544 € de subventions de l’État réceptionnées.
Ces chiffres ne permettent cependant pas, à eux seuls, de mesurer le coût total du CARIF-OTEF depuis sa création, ni de déterminer la part effectivement supportée par la Collectivité.
Quel montant la Collectivité a-t-elle consacré au fonctionnement du CARIF-OTEF depuis 2023 ? Quelle part du solde disponible sera effectivement récupérée, une fois les comptes apurés ? Et surtout, quels moyens supplémentaires faudra-t-il mobiliser pour assurer les missions désormais internalisées ? En effet, les missions du CARIF-OTEF doivent être reprises en interne par les services de la Collectivité. Une convention avec l’État doit en définir les modalités financières. Autrement dit, ce qui avait justifié la création d’un organisme spécifique en 2023 doit désormais revenir dans le giron de la Collectivité.                                                 A.B

Ann Bouard