CCI France: simplifier pour développer l’économie
Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie France, Alain Di Crescenzo, effectuait la semaine dernière sa troisième visite sur le territoire à l’occasion de l’intention de cession du bâtiment de la Maison des Entreprises à la CCISM. Fervent défenseur des outre-mer, il a réaffirmé son engagement en faveur du développement économique de ces territoires et évoqué plusieurs pistes de travail pour soutenir les entreprises locales.
Le réseau de CCI France compte aujourd’hui 129 chambres, dont onze situées en outre-mer. Pour son président, ces territoires disposent d’atouts majeurs, mais nécessitent une attention particulière afin de mieux valoriser leur potentiel économique. Une urgence dans un contexte de morosité et de bouleversements mondiaux qui affectent toutes les entreprises.
Diagnostic territorial : une évidence
Lors de sa venue, Alain Di Crescenzo a souligné les difficultés rencontrées par les entreprises, notamment les PME et PMI profondément ancrées dans leur territoire. Selon lui, les statistiques économiques ne reflètent pas toujours la réalité du terrain, rendant nécessaire la mise en place de diagnostics territoriaux plus précis afin d’identifier les véritables enjeux et apporter des solutions adaptées.
Les problématiques rencontrées présentent de nombreuses similitudes : l’insularité, la fiscalité et le coût de la vie qui demeurent des freins importants au développement économique. Dans ce contexte, dix propositions doivent être transmises au gouvernement dans les prochains jours. L’objectif est clair : permettre à la France de gagner un à deux points de PIB et passer « d’un pays morose à un pays qui gagne davantage ». Parmi les priorités évoquées figure la simplification administrative. Le président de CCI France estime que l’environnement réglementaire doit être plus lisible et plus accessible pour les entrepreneurs, afin de faciliter la création et le développement des entreprises.
Des territoires à fort potentiel
Malgré ces défis, les territoires ultramarins sont des territoires d’excellence bénéficiant d’une position géopolitique stratégique. Les ressources naturelles y offrent de nombreuses perspectives de développement, notamment dans les énergies renouvelables, la valorisation des déchets ou encore l’économie bleue. Le tourisme durable constitue également un axe de développement important, avec l’objectif de favoriser une offre plus verte et responsable estime Alain Di Crescenzo. Le manque de compétences est cependant une réelle contrainte. Pour y remédier, il insiste sur la nécessité de renforcer les dispositifs de formation, notamment pour accompagner les personnes éloignées de l’emploi, comme les allocataires du RSA. En 2025, CCI France a formé 525 000 personnes à travers son réseau, ce qui en fait le deuxième organisme de formation en France après l’Éducation nationale.
Les Assises des outre-mer
Afin de mieux identifier les besoins et les attentes des territoires, des Assises des outre-mer devraient être organisées d’ici la fin de l’été 2026 dans l’un des onze territoires ultramarins. Ces rencontres permettront de réunir les acteurs économiques et institutionnels pour élaborer des solutions concrètes.
Une restitution sera ensuite présentée à Paris, accompagnée d’un plan d’action à court terme – notamment sur la simplification des normes – ainsi qu’une vision à moyen et long terme.
Pour Alain Di Crescenzo, il est fini le temps où l’on allait en ordre dispersé, l’urgence est réelle : « on n’a plus le temps, l’économie ne va pas bien. Il faut aller vite et sur ce qui ne coûte pas cher ».