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Assassinat du président d’Haïti : l’opération aurait été commanditée depuis les Etats-Unis

Assassinat du président d’Haïti : l’opération aurait été commanditée depuis les Etats-Unis

16 juillet 2021
Il y a une semaine, en pleine nuit de mardi à mercredi, le président haïtien Jovenel Moïse était victime d’un assassinat perpétré par un commando dans sa résidence privée. L’enquête diligentée immédiatement après ce crime révèle que l’opération aurait été commanditée depuis Miami, en Floride, par une entreprise privée, l’Unité Anti-Terroriste, la CTU, dirigée par un exilé vénézuélien, Antonio Intriago.
Une enquête diligentée par la Police Nationale Haïtienne (PNH) conclut pour l’heure à l’arrestation d’une vingtaine de personnes, parmi lesquelles 18 Colombiens et 3 Haïtiens (deux d'entre eux ayant aussi la nationalité américaine), ainsi qu'un mystérieux commanditaire présumé, Christian Emmanuel Sanon, un haïtien venu de Floride. Les représentants du FBI, du département d’Etat et le département de la Justice américaine, sont arrivés à Port-au-Prince en renfort à l’enquête menée par la PNH mais aussi pour empêcher une vague de migrants haïtiens vers les Etats-Unis ou encore Cuba.

Nombreuses zones d’ombre

De nombreuses zones d’ombres persistent dans cette enquête et plusieurs personnes sont encore recherchées par les forces de l’ordre haïtiennes. Les enquêteurs s’interrogent comment un commando composé d’autant de personnes a pu s’introduire dans la résidence privée très sécurisée du président Jovenel Moïse. Deux responsables de la sécurité présidentielle, convoqués dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du chef de l'État haïtien Jovenel Moïse, ne se sont d’ailleurs pas présentés au parquet de Port-au-Prince, a indiqué à l’AFP une source proche de l’enquête. Le chef de la sécurité de la résidence du président est par ailleurs visé par une enquête de Bogota sur ses multiples déplacements en Colombie, pays d’origine de plusieurs des suspects arrêtés. Le chef du parquet de Port-au-Prince pourrait mobiliser les forces de l'ordre pour les conduire devant lui.
La chaîne américaine CNN révélait que parmi les personnes arrêtées, certaines auraient déclaré avoir travaillé comme informateurs pour le FBI et la DEA, l’agence anti-drogue des États Unis. Toujours selon CNN, le cerveau présumé de l’opération serait le Docteur Christian Emmanuel Sanon, un pasteur américain d’origine haïtienne, âgé de 63 ans et résidant à Miami. Le Docteur Sanon travaillerait au sein des ONG chrétiennes spécialisées dans des opérations humanitaires en Haïti. Ce dernier clame toutefois son innocence.

La veuve Moïse veut continuer le combat de son mari

Blessée lors de l’attaque, la femme du président Moïse, Martine Moïse, avait été évacuée vers un hôpital de Floride. Désormais hors de danger, elle a appelé samedi par un message vidéo diffusé sur Twitter à « poursuivre la bataille livrée par son mari dans un pays plongé dans le chaos que de nombreux haïtiens cherchent à fuir ». Elle a également raconté dans son message que « En un clin d’œil, les mercenaires sont entrés dans ma maison et ils ont criblé mon mari de balles (…) sans même lui donner la chance de dire un seul mot ».
D’après le juge chargé de l’affaire, cité par la presse locale, la dépouille du président haïtien a été retrouvée avec douze impacts de balles. Son bureau et sa chambre ont été saccagés. Hier, la date des funérailles du président Jovenel Moïse n’avait pas encore été communiquée.
V.D. (avec AFP)

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