Ouragan Mélissa : premières mobilisations
Mélissa a traversé la Jamaïque mardi, puis Cuba mercredi. Ouragan de catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson avec une progression extrêmement lente, il a provoqué des dégâts considérables et fait plus de 30 morts sur son passage. Le décompte des victimes est encore provisoire.
Haïti en marge du phénomène a subi malgré tout, les affres de Mélissa, et compte au moins 20 morts dont dix enfants et une dizaine de disparus. Les pluies incessantes qui se sont abattues sur l’île durant une semaine, ont en effet provoqué des crues, des inondations et des glissements de terrain.
En Jamaïque, les vents autour des 300 km/h, ont détruits hôpitaux, habitations, écoles, commerces… Selon les estimations des experts, le montant total des dégâts causés s’élèverait à plus de 22 milliards de dollars, soit plus que tout le PIB du pays. Le gouvernement a émis une demande d’assistance auprès de la Commission Européenne. La France, nation souveraine des Caraïbes, y a répondu favorablement par la voix du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Les Forces Armées aux Antilles ont engagé un bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer pour participer au dispositif d’aide aux populations civiles, en partenariat avec les acteurs locaux. Le navire en alerte dès le 28 octobre a d’ores et déjà chargé plusieurs dizaines de tonnes de fret humanitaire et de première nécessité à la Barbade, en Martinique et en Guadeloupe. Ce fret est fourni par l’UNICEF, la Croix-Rouge française à travers la Plateforme d’Intervention Régionale Amériques-Caraïbes (PIRAC), le Programme Alimentaire Mondial, le bureau de coordination de l’Organisation internationale pour les migrations pour les Caraïbes et l’Agence caribéenne de gestion des urgences.
Par ailleurs, le Royaume-Uni va fournir une aide financière d’urgence de 2,8 M€ pour financer des fournitures d’urgence, comme des abris en kits, des filtres à eau et des couvertures.
Cet ouragan n’est pas sans rappeler Irma qui avait détruit Saint-Martin en 2017. Le réchauffement climatique intensifie les phénomènes et Mélissa en est l’illustration. Dans le contexte climatique actuel, un ouragan aussi puissant toucherait terre en Jamaïque tous les 1 700 ans, contre 8 100 ans dans un monde moins réchauffé.